Publié le 13/06/2021
De Havilland Olivia
(1916 - 2020)
De son véritable nom, Olivia Mary DE HAVILLAND née à Tokyo le 1er juillet 1916, d'un père homme d'affaires et d'une mère, professeur de littérature anglaise, dont les destins se croisèrent fortuitement dans la capitale japonaise. Elle a 2 ans à peine, lorsque ses parents se séparent. Mme De Havilland prend ses deux filles sous le bras et rentre en Angleterre. Mais, lors de l'escale de San Francisco, Olivia tombe malade. Si gravement que le pédiatre déconseille momentanément la poursuite du voyage. C'est ainsi que les deux sœurs connaîtront une enfance américaine. Sous le charme de la Californie, mère et filles s'installent en effet à Saratoga, en 1918. Olivia y fait de brillantes études, collabore à de nombreuses productions théâtrales scolaires et obtient même une bourse pour le très prisé Mills College, qu'elle ne devait jamais fréquenter.
Le parcours qui mène Olivia De Havilland à Hollywood n'est pas typique des histoires édifiantes que l'on raconte alors sur la genèse des stars. Pas de dénicheur de talents sur sa route. Pas plus que d'emplois de serveuse ou d'hôtesse dans son curriculum. À l'origine, une naturelle curiosité, en cet été 1934, pour une production du "Songe d'une nuit d'été" montée, au Hollywood Bowl de Los Angeles, par le célèbre metteur en scène européen Max Reinhardt, fraîchement immigré. Par le biais d'amis influents, elle est admise aux répétitions et obtient d'être la seconde doublure de Gloria Stuart, qui tient le rôle d'Hermia. Mickey Rooney y est Puck. Puis, le destin s'en mêle. La première doublure est appelée sur un plateau de tournage et, à cinq jours de la première, Gloria Stuart reçoit la même convocation. Hermia est désormais à elle.
Une adaptation filmée de la pièce connaîtra un succès immédiat, et la carrière de l'adolescente s'envole d'emblée vers les sommets, grâce au tandem qu'elle forme très vite avec Errol Flynn, bel homme, sportif et séducteur, pour lequel elle gardera toujours une tendresse inavouée. Capitaine Blood (1935); La Charge de la brigade légère (1936); Les Aventures de Robin des Bois (1937) sont quelques fleurons de cette époque. Très vite aussi lui vient l'envie de rôles plus complexes. Mais la rigidité du système des contrats et la toute puissance des studios ne permet guère ce genre d'épanouissement. On l'assimile plus volontiers à ces actrices au visage d'ange jouant les jeunes aristocrates effarouchées, partenaires de charme des figures masculines emblématiques de la scène hollywoodienne. Ses premiers grands films sont autant d'associations au gotha des comédiens du studio Warner qui la chaperonne pour ses premiers pas sur les écrans : elle joue aux côtés de James Cagney, de George Brent ou de Dick Powell.
Il faudra que James Stewart serve de monnaie d'échange pour que la Warner consente à la "prêter" à David O. Selznick en vue d'Autant en emporte le vent (1939). Une demande que n'osera plus réitérer le même Selznick pour Rebecca (1939), préférant confier le rôle à sa sœur l'actrice Joan Fontaine. En 1942, alors que son contrat de sept ans arrive à terme, la Warner décide unilatéralement de le prolonger. Il s'ensuivra un procès monstre, qui fera date dans l'histoire des studios et sera à l'origine d'un amendement, dit De Havilland, limitant dorénavant la durée formelle des contrats à sept ans.
Pour des générations entières, son nom reste à jamais lié à "Autant en emporte le vent" dont elle fut la douce et fidèle Mélanie. Sa performance d'actrice y est unanimement saluée et lui vaut une nomination aux oscars pour le meilleur second rôle. Elle en retire l'intime conviction qu'elle possède le talent nécessaire à l'interprétation de rôles plus ardus que ceux qui lui sont proposés par la Warner. Et, ayant obtenu gain de cause, Olivia de Havilland se voit enfin offrir la possibilité de varier le registre de ses apparitions à l'écran. Elle obtient ainsi une série de succès retentissants à partir de 1946. Son jeu s'étoffant au fil de ses nouvelles expériences, on lui découvre un sens du tragique et une disposition à l'ambiguïté dans des films tels que La Fosse aux serpents (1948) d'Anatole Litvak, À chacun son destin (1946) de Mitchell Leisen et L'Héritière (1948) de William Wyler. Elle remporte d'ailleurs deux oscars pour ces deux derniers films.
En 1946, elle épouse l'écrivain Marcus Goodrich, dont elle aura un fils, Benjamin (1949). En 1952, elle est membre du jury du festival de Cannes. C'est le journaliste Pierre Galante qui l'accueille à sa descente d'avion. Il ne se contentera pas de l'interviewer. Il l'épousera (1955-1978) et lui donnera une fille Gisèle (1956).
À la fin de sa carrière cinématographique, Olivia de Havilland fait quelques apparitions au théâtre, à Broadway, et à la télévision où elle obtient un Golden Globe pour son rôle dans "The mystery of Anna" en 1987.
La vie d'Olivia De Havilland ne fut pourtant pas exempte d'épreuves. La mort de son fils Benjamin, en 1991, fut la plus douloureuse. Mais il y eut aussi un vicieux procès qui l'opposa à Jack Warner, sa brouille de quarante ans avec sa sœur, Joan Fontaine, et deux divorces. De quoi modifier fondamentalement la philosophie que l'on peut avoir de l'existence. Depuis 1955, elle s'était installée à Paris, au lendemain de son mariage avec Pierre Galante.
Elle était en 2020 la seconde actrice la plus âgée au monde, juste après celle qui la double en français dans beaucoup de ses films, Renée Simonot (née en 1911), la mère de Catherine Deneuve. Elle décède à Paris à l'âge vénérable de 104 ans de causes naturelles.
Mes 3 films préférés
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Coup de chapeau