D
ans les années 40, Hollywood continue à récupérer à son profit l'imagerie du jazz dans plusieurs films retraçant la vie de "jazzmen" (Glenn Miller, Benny Goodman...) ou de fictions
comme "Un jour à New York" (On the Town, 1949) avec Gene Kelly et Frank Sinatra. Mais ces héros sont presque tous blancs.
Une exception cependant est à retenir : "Symphonie Magique" (Stormy Weather, 1943) avec Lena Horne qui est l'un des premiers films où se produisent des musiciens afro-américains
dans leur propre rôle, tels que Cab Calloway et Fats Waller.
"Symphonie Magique"(1943) - Bande-annonce originale

P
ar ailleurs, des compositeurs de jazz écrivent des musiques pour de nombreuses séries télévisées ("Peter Gunn", "L'Homme de fer", "Mission impossible").
En France, Louis Malle a lancé la mode avec "Ascenseur pour l'échafaud" (1957), le réalisateur dont ce n'est ici que le second film, insiste sur le caractère inédit de sa collaboration avec Miles Davis.
Le trompettiste en gros plan, improvise le regard fixé sur l'écran, une musique poisseuse, lyrique, nocturne et mélancolique.
Jamais aucune musique n'avait été imaginée et conçue ainsi, improvisées sur des images projetées à l'écran.
C'est peut être la plus belle utilisation du jazz au cinéma. La preuve en est que la BO de Miles Davis dépassera en popularité les images de Louis Malle.
D'autres fers de lance du film policier piocheront dans le répertoire des compositeurs de cette musique dont Jean-Pierre Melville qui, en fin connaisseur,
fera appel à Martial Solal pour "Deux hommes dans Manhattan" en 1958. On peut aussi citer "Les liaisons dangereuses" (1960), de Roger Vadim sur une musique des Jazz Messengers.

Miles Davis "Ascenseur pour l'échafaud"
Art Blakey's Jazz Messengers "No Problem"
Les commentaires sont soumis à modération et doivent être approuvés avant publication.