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Les crooners - Au-delà des modes et du temps
Jazz & Blues au cinéma (2)

Publié le : 29/10/2026

D ans les années 40, Hollywood continue à récupérer à son profit l'imagerie du jazz dans plusieurs films retraçant la vie de "jazzmen" (Glenn Miller, Benny Goodman...) ou de fictions comme "Un jour à New York" (On the Town, 1949) avec Gene Kelly et Frank Sinatra. Mais ces héros sont presque tous blancs. Une exception cependant est à retenir : "Symphonie Magique" (Stormy Weather, 1943) avec Lena Horne qui est l'un des premiers films où se produisent des musiciens afro-américains dans leur propre rôle, tels que Cab Calloway et Fats Waller. 

"Symphonie Magique"(1943) - Bande-annonce originale


A partir des années 50, le cinéma produit un certain nombre de fictions mettant en scène des musiciens de jazz, mais l'idée qui suggérée est que le jazz, certes inventé par des Noirs, a été transformé par les blancs qui ont fait d'un folklore primitif une musique universelle. Il faut attendre les films noirs de la fin de la décennie pour qu'un jazz écrit et arrangé par des Noirs apparaisse vraiment à l'écran. C'est avec la victoire des Noirs dans la lutte pour les droits civiques que le jazz fait véritablement son entrée dans le cinéma et épouse complètement les images. Hollywood remet en cause le rêve américain : cela commence par "Citizen Kane" (1941) et se confirme par "Autopsie d'un meurtre" (Anatomy of a Murder, 1959) soutenu par l'orchestre de Duke Ellington. Le film noir et le jazz symbolisent la perte de l'innocence  et les tentations de la grande ville. Au cours des années 60, la vogue du film policier voit l'apparition d'artistes noirs dans les bandes originales : ainsi Roland Kirk, au sein de l'orchestre de Quincy Jones, improvise pour le film "Dans la chaleur de la nuit" (In the Heat of the Night, 1967), avec comme vedette principale Sidney Poitier.

Une image représentant les divers stars du film

P ar ailleurs, des compositeurs de jazz écrivent des musiques pour de nombreuses séries télévisées ("Peter Gunn", "L'Homme de fer", "Mission impossible"). En France, Louis Malle a lancé la mode avec "Ascenseur pour l'échafaud" (1957), le réalisateur dont ce n'est ici que le second film, insiste sur le caractère inédit  de sa collaboration avec Miles Davis. Le trompettiste en gros plan, improvise le regard fixé sur l'écran, une musique poisseuse, lyrique, nocturne et mélancolique. Jamais aucune musique n'avait été imaginée et conçue ainsi, improvisées sur des images projetées à l'écran. C'est peut être la plus belle utilisation du jazz au cinéma. La preuve en est que la BO de Miles Davis dépassera en popularité les images de Louis Malle. D'autres fers de lance du film policier piocheront dans le répertoire des compositeurs de cette musique dont Jean-Pierre Melville qui, en fin connaisseur, fera appel à Martial Solal pour "Deux hommes dans Manhattan" en 1958. On peut aussi citer "Les liaisons dangereuses" (1960), de Roger Vadim sur une musique des Jazz Messengers.

Affiche du film

Miles Davis "Ascenseur pour l'échafaud"


Art Blakey's Jazz Messengers "No Problem"


Autres titres de films et courts-métrages

- Stage door Canteen (1943) -
- Nouvelle-Orléans (1947) -
- Jammin' the Blues (1948) -
- Rendez-vous de juillet (1949) -
- La femme aux chimères (1950) -
- Le grand chantage (1957) -
- Shadows (1958) -
- Jazz à Newport (1959) -
- Millionnaire de cinq sous (1959) -
- A bout de souffle (1960) -
- Paris Blues (1961) -
- The Connection (1962) -
- Sweet Love, Bitter (1967) -

@fred
https://fred-hub159.github.io/pourquejemesouvienne

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Commentaires publiés

Monica-breiz et la mer
merci pour la découverte et les vidéos
bon jeudi
Posté le : 29/10/2026 à 08:04